festivale donia

festivale de donia

Article de Steve Maniry – L’Express de Madagascar 24 mars. Donia 2003

La célébration du 10e anniversaire du festival Donia, qui aura lieu du 4 au 8 juin, sur l’île de Nosy Be, est prometteuse. De l’électricité dans l’air. Les membres du Cofestin (Comité d’organisation du festival de Nosy Be) semblent afficher la volonté de mettre le paquet, afin que cette immémoriale édition, la 10e, puisse être non seulement digne et à la hauteur de l’événement, mais aussi susceptible de marquer à jamais la mémoire collective. Après une décennie de décibels festivalesques, une décennie de festivités musicales à grande pompe , une décennie de chaleureuses fêtes de la vie, Donia s’impose comme le plus gigantesque festival de Madagascar, voire de l’océan Indien, de par sa longévité, de par sa pérennité et de sa fréquentation (60 000 spectateurs à chaque édition). Certes le festival a gagné en rides, mais n’est-ce pas le signe incontesté de sa maturité et de sa crédibilité ?
Sur l’île aux parfums, QG du cofestin, on fait des pieds et des mains pour modeler et façonner, conformément aux attentes du public et à l’envergure de l’événement, la 10e édition de Donia. Les tractations et négociations avec les artistes aussi bien nationaux que indienocéaniques semblent aller bon train. Cette année, l’immense scène du festival, fièrement érigée et installée au stade municipal d’Ambodivoanio, sera le point de ralliement de différents styles de musique. Du grand méchant salegy au rap, en passant par le reggea et la chorégraphie contemporaine. Une variété de genres qui est à même de souligner l’ouverture sans limite aucune du festival à toutes les tendances musicales et autres formes d’art.
Des poids lourds du salegy
Ainsi, des poids lourds du salegy, appuyés par une armada de jeunes groupes spécialisés dans le genre, taillent une part belle de la programmation : “ The king of salegy ” Jaojoby viendra avec sa progéniture artistique, les Jaojoby Juniors (ces derniers auront l’honneur de clôturer le festival); l’As du salegy, le Dr. JB sera lui aussi de la partie et ne manquera pas de mettre le feu à coup de“ Tsisy crédit ”, son dernier tube ; la jeune formation Koëzy, constituée essentiellement de jeunes filles du nord, y participera pour la première fois.
Par ailleurs, des rappeurs de notoriété publique sont appelés à secouer la scène du festival avec leur verve que l’on sait. Da Hopp, le groupe-phare du rap malgache est au programme. A lui s’ajoute Shao Boana, le rappeur majungais, issu du clan “ makoa ” (peau noire aux cheveux crépus). Le groupe “ Specialista ” (ex-The specialists) fermera la liste des “ Boys bands ” dont les spectateurs de Donia 2003 feront la découverte.
Ce n’est pas tout. Le groupe Tarika de Hanitra Rasoanaivo, un des ambassadeurs de la musique malgache à l’étranger, et non moins un grand habitué des festivals internationaux de par le monde, atterrira enfin sur la scène de Donia. Ra-Kiki, l’interprète de l’album “1 milliard”, lui aussi, fera son entrée au stade d’Ambodivoanio. Le grand talent de Silo éclatera sur l’île aux parfums au cours de cette édition-anniversaire. Le chanteur en dreadlock, Sammy Rastafanahy, lui, viendra pour faire découvrir le reggae, son reggae auquel les habitués du cabaret « Le Glacier » ont à maintes reprises goûté. La musique traditionnelle n’est pas en reste : le groupe Sivy Mahasaky est aussi au programme. L’autre grande nouveauté ? L »’incrustration » de la danse contemporaine avec la chorégraphe Gabi Saranouffi qui tantôt se produit en solo, tantôt évolue dans sa propre compagnie Vahinala.
On attend toujours la confirmation de venue des groupes de musique de l’océan Indien (Maurice, la Réunion, Mayotte, les Seychelles), apprend-on de source “ cofestinoise ”.Néanmoins, l’on avance quelques noms de stars indienocéaniques comme le groupe-phare du séga mauricien, Cassiya, Salim Ali Amir des Comores, et Ralph des Seychelles. La participation de l’Afrique du sud – la 2e si tout est OK – rouvrira davantage le festival Donia sur le Continent africain.