festivale donia

festivale de donia

Articles de la Tribune de Madagascar

Article de la Tribune du 29 mai 2004

Eh oui, le 11ème festival Donia de Nosy Be a démarré mardi dernier, toujours en fanfare, grâce à la ténacité de ses initiateurs, en l’occurrence les membres rescapés du Cofestin (Comité d’Organisation du festival de Nosy Be). Nous ne sommes pas sur place, mais cela ne nous empêche pas de faire un retour en arrière, à l’époque où « Le Donia » était incontournable et couru par tous, des festivaliers aux sponsors en passant par les artistes eux-mêmes. Ne pas figurer dans le Donia, une référence, c’était comme être considéré(e)s comme quantité négligeable.
• An 2000 : 70.000 spectateurs
Malheureusement, au point où on en est, cet événement tant attendu des nossibéens eux-mêmes, est redescendu à un niveau purement folklorique. Défilé carnavalesque, discours du ministre de service et de tutelle, soirées-spectacles musicales, animations socio-sportives diverses. En 1999, il y a eu des investissements dans la scène, bâtie en dur et l’apport d’une sonorisation professionnelle de 80 kw et près de 100 kw de lumières. A cette époque, Donia était couvert par une presse et des médias nombreux de Madagascar, La Réunion, France, Afrique du sud, répercutant les programmes vers l’Europe, l’Océan Indien et l’Afrique). Mais où est donc passé le niveau régional sinon international de 2000 (7ème édition, chiffre porte-bohneur) ? Il y avait 70.000 spectateurs, en 4 soirées, issus de tous les horizons. La scène était vraiment internationale : Madagascar, La Réunion, les Seychelles, les Comores. Il y eut même des sud-africains en 2001. Nous doutons fort que cette affluence sera atteinte pour 2004… L’an dernier, notre confrère Bertrand Lavaine de Rfi avait titré : « Woddstock à Nosy Bé, près de 30.000 spectateurs ont répondu présents… ». Nous sommes impatients de lire le reportage de Rfi pour Donia 2004. Actuellement, La COI a quitté la scène ; Air Madagascar n’a pas défendu l’honneur de la Culture malgache, pour quelques billets d’avion à tarif préférentiel en moins ; les autres sont restés sur des promesses non tenues. Et c’est ici que transparaît le paradoxe entre parler de 3P et ne rien appliquer du tout…
• Un souvenir… historique
Lors du point de presse de présentation, il avait été dit que le ministère de tutelle allait « faire quelque chose » financièrement. Pourquoi n’avoir pas joué la transparence, vis-à-vis de la population, par médias interposés ? Ce n’est pas le montant qui compte mais, en appeler la presse pour dévoiler le geste aurait traduit une volonté politique certaine d’être partie prenante pour défendre ce tremplin de tant d’artistes qui se sont fait un nom. Au fait, avant Jean-Jacques Rabenirina, combien de ministres de la Culture sont-ils venus dire « Je déclare ouvert le festival Donia… », sans qu’aucune sorte de labellisation officielle n’ait jamais été mise en place ? A présent qu’il y a ce « Festival tournant de l’océan Indien » et ce projet de festival couvrant notre sous-région jusqu’en Asie, si Donia survit à cette 11ème édition, ce ne sera plus qu’un festival folklorique comme tant d’autres. Car la ténacité des initiateurs a ses limites. Nous n’entendons pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais la mollesse des responsables au pouvoir – directement concernés – dans une prise de décision ferme, sera à l’image de la déperdition de cet événement qui ne sera plus qu’un souvenir… historique. On attend donc le sursaut d’orgueil qui fera la différence. Car tout est possible à Madagascar. Même l’impossible.

Evénement: Festival Donia
En voie d’extinction…

Pour la 11è fois, le festival Donia de Nosy Be se tiendra du 27 au 30 mai 2004. la présentation du programme a été effectuée hier au Ccac. Nous y reviendrons, mais ce qu’il faut retenir de cette conférence de presse, c’est le véritable playdoyer des membres du Cofestin (Comité d’organisation du festival) pour la survie même de ce festival dont le but initial est la promotion des artistes et de la Culture malgache vis-à-vis du monde entier.
• 80% de services
Veut-on ou non de Donia ? Initié par des opérateurs économiques privés de l’île-aux-parfums en une décennie, ce festival a pris une envergure régionale, sinon mondiale. Or, pour l’organiser, cela ne va pas « comme sur des roulettes ». Il faut, qu’on le veuille ou non, le nerf de la guerre. Par exemple, cette année, l’aménagement du stade coûtera entre 10-15 millions. Or, depuis le « départ financier » de la C.O.I. en 2002, voilà qu’Air Madagascar n’a pas encore pris de décision ferme, cette année encore. Arrivé au stade où il est, le festival Donia, d’envergure plus que nationale, ne peut plus se limiter à l’initiative privée. Il est urgent que l’administration, via le ministère de tutelle, démontre une volonté sans ambiguïté. Le représentant de ce dernier a déclaré que « le ministère est à l’étude… » Il fait sûrement allusion au montant numéraire promis depuis longtemps. On verra combien ce ministère mettra dans la cagnotte. Pour le moment, plus précisément pour la suite en 2005, Donia doit absolument avoir un fonds de roulement minimum de l’ordre de 25% des investissements totaux. Car, actuellement, le sponsoring, c’est plutôt 80% de services, 15% de communications. Avec 5% restant, ce n’est pas le Pérou. Nous avons remarqué la présence dans la salle de Roger Mahazoasy, ancien ministre du Tourisme, qui prépare une thèse sur le développement durable dans le domaine du tourisme, justement.
• Feu vert ou un carton rouge ?
Par exemple, la venue à Nosy Be de Lôla et son groupe est fonction du partenariat d’Air Madagascar. Pour le Cofestin, la meilleure façon de démontrer que le ministère de tutelle entend « s’investir davantage » est de faire une pression pour que la compagnie aérienne puisse, par exemple, octroyer 10 billets à 50%. D’autre part, la question se pose si Donia, politique oblige, n’est pas délaissé au profit de ce festival tournant de l’océan Indien qui ne sera que du folklore en regard de la mondialisation. Bref, si Total, Star, Orange Madagascar, Jirama, Unima, Psi, Unicef, Socolait, Ccac, Vidzar… (liste non exhaustive), médias et artistes seront encore là cette année, le mystère plane pour l’édition 2005. En tout cas, les membres du Cofestin présents hier ont été clairs sans pour autant lancer un ultimatum : A la fin du festival, un bilan et des données précises seront rédigées et envoyées aux divers responsables. Avec comme fond, les fameux 3P, pour l’instant slogan stérile. Les décisions qui en découleront (la Culture est-elle une priorité ou non ?) donneront le feu vert ou un carton rouge. Pour l’heure, Donia 2004, ce n’est plus que des Réunionnais et des Mahorais, en plus des malgaches dont Njava, Terakaly, Bilo, Silo & Co avec Planeta et le grand JB de Nosy Be. C’est malheureux… dernier cri du coeur : « On n’a pas fait ce bébé grandir pour la lâcher comme çà ! ». A qui le dites-vous ? Déjà qu’en 2003, Donia a failli être annulé…
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Festival Donia: Caractéristiques
Le grand carnaval d’ouverture, unique à Madagascar, où tout le monde est dans la rue; le festival off de Dzamandzar où les artistes vont à la rencontre de la couche profonde de la population; les animations sportives et culturelles thématiques; les concerts nocturnes se déroulant de 20h à 4h du matin au stade.
* Quelques chiffres
Crée en 1994, Donia, en dix années d’existence c’est : 1.500 artistes (musiciens, interprètes, danseurs…); plus de 30.000 spectateurs nationaux et internationaux; des dizaines d’opérateurs culturels mondiaux; des centaines de millions de revenus redistribués et d’investissements.