festivale donia

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Articles de l’Express de Madagascar

Donia 2004

Article de l’express du 16 juin 2004

Des entreprises commerciales à la remorque de Donia
« Le Cofestin (Ndlr : Comité d’organisation du festival de Nosy Be) profite de l’occasion et tient à rappeler à ceux qui exploitent à des fins commerciales la marque déposée Donia sans leur autorisation et/ou sans payer ce qu’ils doivent comme redevance, qu’ils s’exposent dorénavant à des poursuites ». Cette ferme et sévère mise en garde, insérée dans un communiqué de remerciements du Cofestin à l’égard de ses partenaires, sponsors, bienfaiteurs, prestataires, des techniciens, des institutions, des artistes participants, locaux, nationaux et régionaux, et du public, s’avère plus que nécessaire aux yeux des organisateurs qui, face au comportement commercial peu orthodoxe de certaines sociétés durant la dernière édition du festival Donia, du 26 au 30 mai sur l’île de Nosy Be, tiennent à mettre les points sur les i.
Attitude paradoxale
Plus d’un sait que le festival Donia s’impose comme la plus grande manifestation culturelle du pays, voire de l’océan Indien, notamment par son importante affluence (60 000 spectateurs pour 4 soirées de spectacle de musique en nocturne au stade municipal d’Ambodivoanio). Il jouit ainsi d’une immense popularité, lui conférant le caractère privilégié d’être un efficient vecteur de communication, dont doivent rêver, sans nul doute, les premiers responsables de sociétés pour vulgariser et commercialiser leurs produits. Néanmoins, certaines entreprises ont manifesté une réticence à soutenir la 11e édition de Donia, sous la forme de sponsoring, mais elles ont quand même mené, dans le cadre du festival, des offensives commerciales. Cette attitude est pour le moins paradoxale. En fait, si on ne croit pas que Donia est un vecteur de communication efficace, on ne doit pas entreprendre des actions commerciales non autorisées, durant le festival. Dans le cas contraire, on doit s’y associer et y participer de manière « officielle ». D’autres personnes ont abusé du label Donia pour en tirer profit sans prendre la peine de s’acquitter de redevances auprès du comité d’organisation.
Stop ! avertissent de concert les membres du Cofestin, dont la vive réaction est compréhensible dans la mesure où ses membres font, chaque année, des pieds et des mains, pour boucler le budget d’organisation et réalisent le festival contre vents et marées, alors que des sociétés en tirent des dividendes commerciales sans apporter la moindre « brique » à l’édifice.
Non à l’ingérence
Par ailleurs, le Cofestin refuse qu’on s’immisce dans ses affaires internes. La déclaration d’intention d’un parlementaire de Nosy Be démettre de ses fonctions le président du Cofestin en exercice, lors d’une conférence de presse à laquelle seuls les journalistes locaux furent conviés, a quelque peu étonné et irrité les membres du Comité d’organisation du festival de Nosy Be qui n’ont pas manqué de manifester, à l’unanimité, leur inébranlable solidarité, leur soutien indéfectible, leur confiance totale en leur président, dont le mandat ne prendra fin qu’en 2006. Le Cofestin n’a pas de leçon à recevoir de quiconque, dans sa prise de décisions, entend-on dire dans le comité. Histoire surtout de souligner que cette association, apolitique et à but non lucratif, est libre de mener la politique stratégique qu’il juge nécessaire et utile à la pérennité et à l’amélioration du festival.:

Steve Maniry

Article du  29 mai 2004

Donia 2004
Le stade municipal d’Ambodivoanio de Hell-Ville, Nosy Be, a été jeudi en soirée le théâtre du premier jet de concerts en musique, dans le cadre du festival Donia 2004. Certes cette première n’a pas vraiment connu une ruée des spectateurs nosybéens, mais elle a eu le mérite de faire se croiser, sur la gigantesque scène du stade d’Ambodivoanio, haut lieu des spectacles en nocturne, les rythmes du Nord et la musique mahoraise.
C’est le groupe culturel Matsiatsiary qui a ouvert le bal, suivi de la cadence mahoraise Joe Fils. De l’excellent M’gôdro qui n’a pas manqué de mettre en évidence tout le charme rythmique et mélodique de cette petite île-sœur. La musique mahoraise semblerait être la cousine germaine de notre salegy national qui, ce soir-là, était magistralement exécuté par Sa-Yah, un salegyman qui en veut et qui met dans ce rythme puisé au fin fond du vivier culturel de la région septentrionale une intarissable énergie à en perdre… le Nord !
Le soleil brûlant de la province d’Antsiranana a doublement brillé, illuminé, éclairé tout le stade municipal d’Ambodivoanio grâce au Antsa sakalava du groupe… Antsa. Des jeunes qui affichent une forte détermination à avancer, musicalement s’entend, sur le tracé mélodique et rythmique légué par leurs ancêtres. Un spectacle somme toute riche en découvertes. :

Steve Maniry

Donia 2004
Ce soir, l’affiche du festival Donia 2004 est pour le moins attrayante, et tend à faire se côtoyer différents rythmes d’ici et d’ailleurs : les deux antipodes, le Nord et le Sud, pourront se connecter avec le groupe Bilo, un des fleurons du salegy, et Terakaly, un des groupes-phares du pays des épines. A eux se joignent le groupe réunionnais Oussanousava, le groupe Planeta constitué de Silo, Tôty et Compagnie, les Fleurs de l’île de Nosy Be et Edja.
Demain en soirée, dernier jour du festival, le groupe malgache Njava, habitué au circuit musical international, jouera pour la première fois sur la gigantesque scène de Donia. Le programme est de portée régionale (océan Indien) puisque le groupe réunionnais le plus en vue de l’heure, dont la spécialité est le maloya, sera de la fête. Ce n’est pas tout. Le lauréat du concours de salegy aura l’opportunité de se produire sur le plateau de Donia. Par ailleurs, le groupe Fandrama fera découvrir une autre facette du salegy. L’honneur de clore la 11ème édition du festival Donia revient pour la énième fois au maître incontesté et incontestable de Nosy Be, Dr JB et Les Jaguars B 52. Une ambiance explosive en perspective. :

Steve Maniry

Donia 2004
La couverture médiatique de la 11e édition du festival Donia est assurée par une cohorte de journalistes nationaux et internationaux. Outre les envoyés spéciaux de la presse écrite (Express de Madagascar, Les Nouvelles, La Gazette de la Grande Ile, Gazetiko), les chaînes de télévision publiques et privées (Tvm, Tvn, Ravinala) et la station de radio publique (Rnm), le correspondant de Radio France Internationale (Rfi) à Madagascar, et des envoyés spéciaux de la Tv5 (France) et Rfo Mayotte sont sur place pour relayer dans les quatre coins du monde l’ambiance festive et culturelle de Donia. :

Steve Maniry

Article du  28 mai 2004

Dr Hubert Radaniarison, président du Cofestin
La 11e édition du festival Donia 2004 bat son plein, depuis mercredi, sur l’île aux parfums. L’ambiance de fête règne, de Dzamandzar, où s’est tenu mercredi en soirée, le festival Off, au stade municipal d’Ambodivoanio (Hell-Ville), haut lieu des spectacles en nocturne qui ont démarré hier soir. Président du Comité d’organisation du festival de Nosy Be (Cofestin), Dr Hubert Radaniarison, médecin de son état nous dresse, dans un entretien qu’il a accordé à l’Express de Madagascar, un tableau sur l’avenir du festival. Interview.
.L’Express de Madagascar : Le festival Donia 2004 a bel et bien lieu, malgré l’annonce d’une grande difficulté dans le bouclage du budget d’organisation. Est-ce que cela signifie que le problème est finalement résolu ?
– Dr Hubert Radaniarison : Non, on n’a pas pu faire le bouclage, mais cette année, on voulait faire un bon Donia. Puisque c’est Nosy Be qui est à l’honneur, il a été plus facile de réaliser le programme. Il a fallu que le vœu de Nosy Be soit exaucé, c’est-à-dire qu’en matière de musique, la prédominance est le salegy qui est le rythme du Nord. A ce niveau-là, on a pu baisser un peu le budget prévisionnel. Malgré tout, Donia est cette année très populaire. Il faut savoir qu’on a fait le budget de départ de Donia 2004 à 22 millions Fmg (Ndlr : le budget de réalisation du festival Donia est annuellement entre 350 millions et 400 millions Fmg en cash, entre 250 millions et 300 millions Fmg en service et échange de service). Actuellement, cela a augmenté avec l’entrée en liquidités de la part des sponsors et les ventes des billets.
. Tous les ans, vous, au sein du Cofestin, êtes confrontés au problème de bouclage de votre budget. Avez-vous alors songé à mettre en place une structure pouvant y remédier
– Je crois qu’à notre niveau, il faut changer la façon de faire. Tous, les ans, on change, mais on ne réalise pas. Tous les ans on se réunit au mois d’août pour parler de beaucoup de choses et ne rien faire. Cette année, déjà en août, on va se réunir pour décider ensemble ce qu’on veut et peut offrir à la population de Nosy Be et définir quels genres d’artistes pour la programmation 2005. Avec un échantillon d’artistes, on va aller voir les sponsors, puisque ceux-ci regardent leur support par rapport aux artistes. Ce n’est pas avec les petits bataillons de groupes d’artistes que les sponsors acceptent de participer. J’annonce déjà la couleur en disant que ce sont les artistes femmes qui seront à l’honneur, avec Mayotte. Il faut trancher qui fait quoi, ce qu’on va faire. Peut-être, on va s’adresser à un cabinet spécialisé en communication. On (Ndlr :certains sponsors et l’Etat) nous a promis 150 millions qui n’ont pas été honorés.
. L’Etat a-t-il enfin daigné décaissé de l’argent pour le festival ?
– Oui, par le biais du ministère du Tourisme et de la culture. C’est la première. C’est à la fois un petit et grand pas. On remercie l’initiative. Vous savez, nous sommes tous des bénévoles dans le Cofestin. Nous sommes là pour soutenir les artistes. Donia est un tremplin. Lequel de ces artistes qui sont passés sur la scène de Donia, n’a pas sa place au soleil ? Sauf ceux qui n’ont pas fait par la suite des efforts.
.Vous cherchez, au sein du Cofestin, à professionnaliser l’organisation du festival. Est-ce à dire que la structure d’organisation de Donia depuis sa création, il y a dix ans n’est pas vraiment professionnelle ?
. Il y a des professionnels là dedans. Mais, ce n’est pas notre métier. C’est le hic. Je suis moi-même médecin. Il faudra dorénavant mettre en place au moins un directeur de festival qui serait vraiment dans le métier. On n’a pas les sous pour cela, mais nous devons les négocier ailleurs, avec un organisme qui serait prêt à prendre en main la tradition pendant deux ans. On souhaite que la nouvelle direction soit autonome, qu’il y ait un partenariat avec celui qui l’aura aidée. L’autre idée, c’est carrément vendre Donia à quelqu’un qui serait prêt à payer un tel prix. Et nous, le Cofestin, nous resterons les garants. La société acquéreur va réaliser ce que le Cofestin désire et propose. Là c’est une autre vision beaucoup plus lucrative, puisque celle-ci sera exigeante et ne se risquera pas dans une affaire qu’elle jugera infructueuse.
. Qu’est-ce qui vous permet de mesurer la grande popularité du festival ?
– La locomotive du festival Donia, c’est le carnaval. Cette année, à ce niveau-là, il y a eu un engouement de la population, tant au niveau des participants que des gens venus voir. Hier après-midi (Ndlr : mercredi après-midi), tout le monde à Nosy Be était dans la rue. On espère tout simplement qu’il ne pleuvra pas pendant les 4 soirées de spectacle au stade.

Propos recueillis par:

Steve Maniry

Article du 27 mai 2004

Donia 2004
« Je déclare ouvert le festival Donia 2004 ». C’est en ces termes que le ministre du Tourisme et de la culture, Jean Jacques Rabenirina, a donné, hier après-midi au stade municipal d’Ambodivoanio, Nosy Be, le coup d’envoi officiel de la 11ème édition du festival Donia. Comme à l’accoutumée, c’est le carnaval qui a ouvert les festivités. Durant un tour d’horloge, la rue principale de Hell-Ville a vécu et vibré au rythme fiévreux d’un carnaval devenu, depuis une décennie, un évènement dans l’évènement, une fête dans la fête, un spectacle dans le spectacle. Donc, incontournable. Les nombreux carnavaliers issus des associations, des établissements scolaires, des entreprises et autres sociétés, ont créé, installé une folle ambiance au cœur de l’île aux parfums, dont la population, venue en masse assister au carnaval, n’a nullement l’intention de rater le début tonitruant de la fête de la vie. Battements de mains, chants (kôro lahy et goma), danse (le fameux kaoïtry, doublé de dihim-boay) se sont merveilleusement conjugués dans un tintamarre de bruits qui a tonné dans le ciel bleu, illuminé par le soleil, de ce fleuron du tourisme de la région septentrionale de la Grande Ile.
Cette année, le carnaval a été particulièrement coloré et s’est distingué. Les participants ont manifesté beaucoup d’enthousiasme et fait preuve de beaucoup d’imagination et de recherche dans leur déguisement. Chacun d’entre eux y a vraiment mis du sien. Certains sont allés jusqu’à faire revivre certaines formes d’anciennes coutumes, à savoir le rite de possession plus connue sous l’appellation de Tromba et le Filanjana des anciens Sakalava. La fervente implication de la population nosybéennne au carnaval (acteurs et spectateurs) prouve que le festival Donia est non seulement entré dans les mœurs des habitants, mais il est surtout leur fierté, leur bien commun.
Le spectacle en nocturne de cette édition ne débute que ce soir au stade municipal d’Ambodivoanio, après qu’un Off eut lieu hier en soirée à Dzamandzar. Au menu, l’antsa sakalava, le salegy avec Gérard Tsapaloka, les rythmes mahorais avec des formations musicales venues spécialement de cette île-soeur. C’est donc parti pour 4 jours de célébration de la fête de la vie, durant lesquels l’île aux parfums sort de sa léthargie et renaît à la scène du festival Donia. Alors, place au spectacle.:

Steve Maniry

Article de l’Express du 24 avril 2004

Programmation du festival Donia 2004

 Le compte à rebours de la 11e édition du festival Donia, prévue se tenir du 26 au 30 mai, sur l’île de Nosy Be, a commencé. Certains membres du Comité d’organisation du festival de Nosy Be (Cofestin), dirigés par son président d’honneur Alain Soumoudronga et son secrétaire-général Jean Louis Salles, ont confirmé, hier au cours d’une conférence de presse tenue au Centre culturel Albert Camus (Ccac), la tenue de ce premier grand carrefour culturel de l’océan Indien à la Pentecôte. Ayant retenu cette année le thème « Le soutien et la défense de notre patrimoine culturel et musical », Donia 2004 fera une place de choix au salegy : Dr JB, l’idole des Nosybéens, le groupe Bilo, un des fleurons du salegy, Gérard (Tsapaloaka) et le jeune salegyman Wawa sont respectivement les têtes d’affiche appelées à clôturer les 4 soirées au stade d’Ambodivoanio, haut lieu des spectacles en nocturne. A eux se joignent le chanteur Jean Rigo, le groupe Fandrama et le lauréat du concours de salegy.  « Il est tout à fait légitime que la région Diana (Diégo Ambilobe, Nosy Be Ambanja), qui a toujours fait Donia, soit, cette année, l’invité d’honneur du festival. Histoire surtout de marquer le début de la deuxième décennie de Donia », a fait savoir Alain Soumoudronga, président d’honneur du Cofestin, pour expliquer ce choix.

Njava sera de la fête de la vie 
Le groupe malgache Njava basé en Belgique et au sein duquel Monika (ex-Monique and The Quality) évolue, sera de la fête de la vie. Il (re)viendra spécialement dans le pays pour se produire, dans la soirée du dimanche 30 mai (dernière soirée), sur la scène de Donia 2004. Sa présence ne manquera pas de faire monter davantage le niveau du premier carrefour culturel de l’océan Indien car cette formation est une habituée des grands festivals de musique européens. La dimension internationale de Donia se trouvera ainsi confortée. D’autant que des groupes mahorais, entre autres, Cadence mahoraise, Babadi, Baré, Lathéral et Jean Raymond Cudza, et deux formations réunionnaises, en l’occurrence Oussanoussava et Destyn, viendront en force au festival de Nosy Be pour faire découvrir aux Nosybéens leurs cultures musicales respectives. « 2005 sera l’année océan Indien de Donia puisque son invité d’honneur sera Mayotte », informe le président d’honneur du Cofestin.
Terakaly, une formation sudiste qui est appelée, dans les semaines à venir, à effectuer une résidence artistique à l’île de la Réunion avec le groupe réunionnais Oussanoussava, est aussi programmée dans la 11e édition de Donia. Par ailleurs, Silo, Tôty, Nini, Solange (du groupe Vaovy) et compagnie monteront sur le plateau du festival de Nosy Be sous la bannière du groupe Planeta, qui interprétera les musiques traditionnelles puisées dans les quatre coins de la Grande Ile : du Nord au Sud, d’Est en Ouest, en passant par les Hauts-Plateaux. Avec cette programmation 2004, on est en droit de s’attendre encore une fois à une tonitruante fête célébrant, dans la liesse populaire, la vie.

Le Cofestin interpelle…
Les questions relatives au financement, devenues un véritable casse-tête pour les membres du Comité d’organisation du festival de Nosy Be ( Cofestin), sont remises sur le tapis, à chaque édition de Donia. Créé il y a plus de 10 ans à l’initiative des opérateurs touristiques de l’île aux parfums, somme toute à l’initiative privée, le festival avait été, durant 3 années, subventionné, à hauteur de 15% de son budget, par la Commission de l’océan Indien (Coi), avant d’être lâché, financièrement s’entend, depuis l’année dernière, par celle-ci qui a mis en place le Festival tournant de l’océan Indien, dont la première édition eut lieu en avril-mai 2003 à l’île Maurice. Le fardeau financier du Cofestin, qui se traduit par sa difficulté grandissante de boucler le budget d’organisation du festival, se trouve de plus en plus lourd.

L’Etat défaillant dans le fameux 3P
Croyant dur comme fer à leur entreprise qui a pour objectif de promouvoir les artistes les plus méritants, créer une plate-forme d’échanges entre artistes du même pays, puis entre ceux d’origines différentes (principalement de l’océan Indien), promouvoir la destination Nosy Be pour le tourisme local, national et international, sauvegarder, promouvoir et soutenir les valeurs et trésors culturels malgaches, les Cofestinois n’ont pas hésité à chercher une issue de secours dans le fameux 3 P (Partenariat public-privé), préconisé par l’actuel régime, mais force est de constater que c’est l’Etat lui-même, par le biais des ministères de tutelle (Culture et tourisme), qui s’est malheureusement révélé défaillant. Alors que le secteur privé a réagi vite et de manière positive pour sauver le festival Donia 2003 d’une mort subite et définitive.

Immobilisme et indifférence des pouvoirs publics 
Cet étrange immobilisme et cette incompréhensible indifférence des pouvoirs publics à l’égard des difficultés rencontrées par les opérateurs culturels nationaux se poursuivent, au grand dam de ces derniers qui se demandent avec insistance si le secteur culture, pourtant riche, vivant et compétitif (notamment au plan international) n’est pas le cadet des soucis de ces princes qui nous gouvernent. Las, fatigué, indigné, le Cofestin, lors de la conférence de presse d’hier, a interpellé tous ceux qui ont la charge de la culture. Déjà cette lassitude se traduit par la mise en place d’une structure de relais au profit des jeunes générations, dans le cadre de l’organisation du festival Donia. Autrement, les vieux routiers du Cofestin entendent s’arrêter bientôt et définitivement sur l’autoroute organisationnelle de ce festival auquel ils ont pu, en une décennie, donné une envergure régionale et internationale. « Il nous faut un soutien financier, c’est-à-dire des fonds de roulement pour assurer la pérennité de Donia. S’il n’y a pas de mobilisation des parties concernées, ça va être de plus en plus difficile pour le Cofestin », informe Jean Louis Salles, secrétaire-général du Cofestin. L’on espère que son cri de détresse sera positivement détecté et reçu 5 sur 5…:

 Steve Maniry

Article de L’express du 15 avril 2004

Festival de Nosy be 
L’île de Nosy Be, une des premières destinations touristiques, se prépare à vivre, pour la 11e année consécutive, au rythme fiévreux du festival Donia, dont la programmation 2004 retrouvera le calendrier traditionnel, c’est-à-dire la deuxième moitié de la semaine de Pentecôte : du 26 au 30 mai au stade municipal d’Ambodivoanio. « Donia 2004 aura bel et bien lieu. Il se fera à la bonne date », rassure Alain Soumoudronga, actuel président d’honneur du Comité d’organisation du festival de Nosy Be (Cofestin) qui, comme à chaque édition, doit se battre seul pour finaliser et réaliser cet important projet culturel, dont la renommée et la crédibilité retentissent bien au-delà de nos montagnes et nos frontières naturelles.

Simple festival de Nosy Be, à ses débuts en 1994, Donia ne tardera pas à ouvrir ses ailes sur les îles riveraines, devenant, au fil des éditions, le premier grand carrefour culturel de l’océan Indien. Une position plus que jamais confortée puisque, cette année, des groupes de musique en provenance de l’île Maurice, de l’île de la Réunion et de Mayotte sont appelés à évoluer sur la scène de Donia 2004, dont l’invité d’honneur, après Fort-Dauphin et Tamatave, sera la région du Nord, en l’occurrence Nosy Be et Diégo, celle qui abrite, depuis plus de 10 ans, le festival lui-même. De toute évidence, la musique du Nord, notamment le salegy, sera mise en avant dans la programmation, dont les détails seront divulgués par le Cofestin. Ce choix, apprend-on, est dicté par, d’une part, la volonté de marquer le début de la deuxième décennie du festival, et, d’autre part, la préparation de l’année océan Indien pour 2005, où l’invité d’honneur sera Mayotte.

La culture et la musique intéressent-elles vraiment nos gouvernants ?

Si du côté de la programmation, tout semble rouler comme sur des roulettes, au plan financier, le Cofestin sue eau et sang pour boucler le budget. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle qu’il avait vécue l’année dernière pour la réalisation de l’édition-anniversaire (10 ans), laquelle a failli tomber à l’eau, faute de financement. Une grande catastrophe culturelle – qui aurait signé la mort subite du festival Donia, du plus grand festival de Madagascar, voire de l’océan Indien – évitée de justesse grâce à l’importante mobilisation du secteur privé (hôteliers, industriels…) et l’appui des ministères de tutelle (Tourisme et Culture) de l’époque, lesquels n’ont malheureusement pas honoré jusqu’au bout leurs engagements financiers: le Cofestin leur doit, en effet, une somme d’argent qu’ils ne se sont pas acquittés de payer, voilà presque une année. Ce qui a causé un déficit budgétaire que le Cofestin a toutes les peines du monde à combler.

Les Cofestinois espèrent qu’avec la transformation actuelle du ministère du Tourisme et celui de la Culture en un seul département ministériel, donc sous la conduite d’un seul ministre, leur (noble) cause sera entendue et appuyée, de manière effective et concrète, par le gouvernement. D’autant que l’Etat, qui a prôné les 3P (Partenariat public-privé), n’a pas intérêt à être défaillant, comme ce fut le cas l’année dernière au cours de la réalisation aux forceps du 10e anniversaire du festival Donia. A ce rythme, on se demande si la culture et la musique intéressent vraiment ces princes qui nous gouvernent. Alors qu’outre le sport, c’est le seul domaine qui puisse être compétitif au plan international. C’est l’unique secteur capable de rendre luisante l’image de Madagascar aux yeux du monde. Donc, il mérite plus d’attention, plus d’intérêt, plus de soutien qu’on ne lui accorde actuellement.:

Steve Maniry