festivale donia

festivale de donia

Articles de l’Express de Madagascar du 13 mai 2003

Après tant de soucis et d’incertitudes, le festival Donia 2003 aura finalement lieu
“ La fête sera bel et bien au rendez-vous sur l’île aux parfums, conformément au calendrier initialement établi, malgré les difficultés dans le bouclage du budget, grâce au soutien du gouvernement malgache, confirmé par la présence aujourd’hui des deux ministres, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour que Donia se tienne cette année, et surtout grâce à la synergie de bonnes initiatives ”, a informé d’emblée Alain Soumoudronga, président en exercice du Comité d’organisation du festival de Nosy Be (Cofestin), lors d’une conférence de presse tenue hier dans les locaux du Centre culturel Albert Camus, en présence de Mme le ministre de la Culture, Louise Odette Rahaingosoa, et du ministre du Tourisme, Roger Mahazoasy. La bonne nouvelle est tombée comme un vif soulagement pour les activistes culturels et les sympathisants de la culture du pays, qui étaient plongés dans de profondes anxiétés, traumatisantes et légitimes, à l’annonce, il y avait quelques semaines, d’une éventuelle annulation de Donia 2003, faute de soutien financier. Une suppression qui aurait signé l’arrêt de mort de la plus gigantesque plate-forme festivalesque de la Grande Ile, voire de l’océan Indien, et qui, par ailleurs aurait porté un sacré coup au merveilleux paysage culturel du pays.

L’implication gouvernementale
L’implication du gouvernement pour préserver un festival culturel, pérenne et crédible, d’une disparition subite et injustifiée, s’avère être un signe positif pour l’avenir du secteur culturel dans le pays, en l’occurrence l’importance que les princes qui nous gouvernent commencent à accorder à la chose culturelle qui, faut-il encore répéter et souligner, doit occuper une place de choix dans le processus de développement rapide et durable que l’actuel régime ambitionne de mettre sur les rails. On salue particulièrement le geste du Premier ministre Jacques Sylla qui a fait de la réalisation du festival Donia 2003, un véritable défi national.
Toutefois, il serait plus judicieux à l’avenir que l’Etat s’implique davantage dans l’octroi de subventions annuelles au secteur culturel, comme cela se fait déjà dans plusieurs pays, afin de soutenir, de manière ferme et continue, les efforts fournis par les opérateurs culturels qui, il faut savoir, se heurtent, le plus souvent, à un opaque mur de difficultés, dans la recherche de financements. Aussi, l’Etat n’aura-t-il à jouer tout le temps le rôle du pompier et apporter une solution-pommade. N’est-il pas un peu embarrassant d’apprendre qu’à Madagascar, la collecte de la (modique) somme de 250 millions de Fmg, qui s’est avérée douloureuse et presque impossible pour les organisateurs d’un festival vieux de 10 ans, est susceptible d’ébranler tous les acquis et effacer d’un seul revers de la main tous les efforts de crédibilité, de professionnalisme, de pérennisation, accumulés, avec pugnacité et détermination, durant une décennie ? En tout cas, il est temps que la culture quitte son rang d’enfant pauvre des régimes successifs pour rejoindre enfin son rang de véritable moteur de développement. Et cela exige du gouvernement, notamment du ministère de tutelle, la mise en place et en application d’une politique culturelle, nette, cohérente et dynamique.

Les apports du secteur privé
On ne peut passer sous silence les importants apports et soutiens des sociétés privées telles que Total, Venta Club, Diégo Poids lourds, Star, Rta, Rfi, Psi, New Print, etc., et des organismes internationaux comme Unicef et Onusida, qui continuent d’avoir la foi en la culture de ce pays. Leurs appuis, qu’on ne manque de féliciter au passage, constituent une véritable bouffée d’oxigène pour le secteur de l’art et de la culture. A cela s’ajoutent les apports financiers de la Promotion du Secteur privé (une enveloppe de 50 millions de Fmg) et de Tafita (20 millions de Fmg environ). Le président du Cofestin, Alain Soumoudronga reconnaît que la totalité du déficit budgétaire de 250 millions de Fmg, nécessaire à la réalisation du 10è anniversaire de Donia, n’est pas tout à fait bouclée, mais le seuil de garantie devant permettre au festival d’avoir lieu, dans de bonnes conditions, est acquis. Alors, place à la fête de la vie !.:

Steve Maniry

Festival Donia 2003 – Défection de la COI
La subvention annuelle de 22 380 euros (150 millions de Fmg) que la Commission de l’océan Indien (Coi) avait, jusque-là, attribuée au festival Donia, n’a pas été renouvelée cette année. Cette défection de la Coi, à l’origine des grands soucis financiers de Donia 2003, est officielle. Toutefois, selon Mme le ministre de la Culture, Louise Odette Rahaingosoa, la Coi a promis de la ré-allouer au festival Donia à partir de l’année prochaine. Et ce, au terme d’un plaidoyer qu’elle a fait au cours de la première édition du festival tournant de l’océan Indien, tenue à l’île Maurice du 29 avril au 4 mai 2003. A noter que la subvention de la Coi a couvert 20% du budget d’organisation annuelle du festival Donia. Il est vrai que le Festival tournant de l’océan Indien ne doit en aucun cas tuer les autres festivals régionaux, dont Donia.:

Steve Maniry

Festival Donia 2003
La programmation initiale pour les artistes nationaux appelés à jouer sur la scène de la 10è édition du festival Donia, reste inchangée, apprend-on des membres du Cofestin. Le salegy se taille, comme tous les ans, la plus belle part du festival, avec le « king » Jaojoby et son héritier musical, Jaojoby Junior qui, il faut souligner, aura l’honneur de clore le festival. A eux se joindront l’As du salegy, Dr JB, le groupe féminin « Koëzy » et les formations locales. Le rap y occupe aussi une place non négligeable avec Da-Hopp et Shao Boana. Des formations de poids comme le groupe Tarika de Hanitra Rasoanaivo et Silo, sont par ailleurs au programme. Et ce n’est pas fini. L’une des révélations de la musique malgaches des deux dernières années, Ra-Ckiki, effectuera son entrée sur la scène du festival Donia. La grande nouveauté ? La programmation de la compagnie Vahinala de Gaby Saranouffi, qui est connue et appréciée dans le monde de la danse contemporaine. Dans la même lignée, la localité de Dzamandzar sera le dimanche 8 juin après-midi le théâtre d’un festival off.
En revanche, la participation des artistes des îles riveraines pourrait être modifiée par rapport à la liste prévisionnelle. La venue du groupe de séga mauricien Cassaya et des groupes réunionnais a été confirmée, alors que celle des artistes seychellois, comoriens et mahorais se trouve encore dans l’incertitude.
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Steve Maniry

En marge du festival Donia 2003
Les actions menées par le festival Donia dépassent largement le cadre mélodique, rythmique et festif, pour côtoyer une cause noble et juste : la lutte pour les droits des enfants, à laquelle le festival s’est attelé dans plusieurs éditions, avec l’appui et la participation active de l’Unicef. Et cette année, ensemble ils vont combattre l’exploitation sexuelle des enfants. L’Onusida, elle aussi, entre dans la danse et s’applique à combattre, dans le cadre du festival Donia, le fléau du sida. Une soiré pour la lutte contre le Vih/sida est alors prévue, avec un concours de compositions musicales relatives à ce sujet.:

Steve Maniry