festivale donia

festivale de donia

Le Discours du président 2006

Jean Louis Salles, membre fondateur et secrétaire général du COFESTIN à offert cette année, au Vanila Hôtel, le cocktail officiel d’ouverture.
A cette occasion il a fait le discours suivant:

 

Un célèbre auteur a dit :

Hier est l’histoire

Demain le mystère

Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle le présent ! !

Cette phrase prend toute sa valeur aujourd’hui.

– Hier est l’histoire, l’histoire du DONIA, l’histoire d’une idée qui a germé dans la tête d’un membre fondateur, qui a rassemblé quelques amis autour de cette idée, qui a convaincu, persévéré et le Cofestin est né et a relevé le défi.

Je me souviendrai toujours de la réflexion de notre ami Jean François PY en 1996 qui m’a dit :

« Jean-Louis, tout le monde vous a pris pour des fous quand vous avez commencé le DONIA en 1994, et tout le monde pensait que vous alliez au casse-pipe, et maintenant, tout le monde reconnaît que c’est une extraordinaire réussite et quelque chose de super pour Nosy Be ».

Un an après, Jean François rentrait dans le Cofestin pour en devenir une pièce maîtresse jusqu’à sa disparition avec notre grand ami Philippe Hardcastle qui nous a quitté cette année.

C’est bien l’histoire du DONIA, faite de grands moments de bonheur et de ses malheurs aussi comme les décès et les accidents de l’année dernière qui restent ancrés dans nos mémoires.

Mais le DONIA est toujours là, il a grandi au fil des années, est connu et reconnu, a fait passer sur scène des milliers d’artistes depuis 1994, Malgaches ou Etrangers, a fait découvrir d’innombrables talents qui ne seraient jamais sortis sans le DONIA, a fait connaître la musique et la culture malgache à l’extérieur, a fait la promotion de Nosy Be et Madagascar dans de nombreux pays, a mis cette fête populaire au service de nobles causes comme la lutte contre le VIH SIDA et l’exploitation des enfants.

Mais le DONIA reste fragile car il est tenu à bout de bras par les membres du Cofestin, tous passionnés par l’aventure, tous bénévoles, et comme je disais récemment, pour quelques membres, ce n’est plus du bénévolat, c’est du mécénat et depuis l’année dernière, c’est carrément de la folie car il a fallu pallier aux carences d’un bailleur de fonds qui n’a pas tenu ces engagements.

Tout ça est l’histoire du DONIA, riche et vivante.

Demain est le mystère :

L’envie, la motivation, la passion resteront, c’est sûr.

Mais le DONIA restera-t-il ?

La question est plus que jamais d’actualité.

Le Cofestin a déjà imaginé le DONIA 2007.

Un DONIA innovant, surprenant, d’envergure, avec, pourquoi pas, une ouverture du festival à TANA sur 2 jours et une grande caravane musicale qui traversera le pays par la nouvelle route presque terminée (ça pourrait être une des manifestations de son inauguration), pour se terminer par les 5 jours de DONIA à Nosy Be. Tout Madagascar découvrirait « SON DONIA ».

Oui, le Cofestin fourmille d’idées et de volonté mais trop d’obstacles surgissent chaque année, trop de « peaux de banane », et même si le Cofestin est habitué à les surmonter, la lassitude, le découragement pourraient prendre le pas. C’est un peu ce qui se produit depuis l’annonce par la COI de ne pas payer le solde de la subvention sur laquelle ils s’étaient engagés.

Nous savons que nous avons le soutien du ministère du Tourisme et de la Culture qui depuis deux ans nous soutient d’abord financièrement, ce qui est nouveau, mais surtout je dirais « moralement », en intervenant dès qu’il peut, pour nous soutenir et nous appuyer. Nous y sommes très sensibles et nous vous en remercions sincèrement.

Cependant, le DONIA survivra si tous autant que nous sommes, tous ensemble, de tous bords, chacun avec ses moyens et ses pouvoirs, nous soutenons avec force et conviction ce patrimoine de la culture malgache.

La question du solde de la COI devra être réglée très vite, nous sommes prêts à en discuter, nous sommes persuadés qu’une solution sera trouvée si nous le voulons tous. Si la solution n’est pas trouvée, le DONIA mourra pour plusieurs raisons :

  1. financière d’abord : Si les membres du Cofestin assumeront pleinement leurs responsabilités par rapport aux fournisseurs, ils ne pourront pas aller plus loin et financer à eux seuls un tel évènement. Leur engagement déjà a dépassé la raison
  1. manque de reconnaissance:

Si un organisme international sensé favoriser la culture fait tout pour la tuer ou pour l’affaiblir, il est évident que le Cofestin jettera l’éponge et ne trouvera plus la force de déplacer les montagnes.

C’est ce manque de reconnaissance du travail accompli dans   un contexte difficile qui touche le plus le Cofestin.

  1. manque de soutien et d’implication de toutes les instances malgaches, de la population et des plus hautes autorités.

Demain est le mystère ; à nous de lever le mystère.

Aujourd’hui est le cadeau, c’est pour ça qu’on l’appelle le « présent ».

Toute la force du DONIA est là. Le miracle a lieu tous les ans depuis 13 ans et chaque fois que l’on se retrouve pour cette soirée officielle, c’est le plus grand des cadeaux que le Cofestin puisse vous offrir. C’est vous dire et dire à la population « Voilà, on vous remet un nouveau DONIA, il est à vous, on vous souhaite beaucoup de bonheur ».

Oublions aujourd’hui, l’histoire et le mystère, et buvons à pleine coupe ce cadeau, ce présent, cette fête, cette musique, cette culture, cette fraternité.

Merci encore une fois à chacun d’entre vous pour votre présence et votre participation ;

Le Cofestin vous souhaite un merveilleux DONIA, en souhaitant de tout notre cœur que ce ne soit pas le dernier.

Merci